Témoignage d’un éleveur des Grands Causses

Par , 27 novembre 2010 19 h 20 min

TOUTES LES PRÉTENDUES ATTAQUES DE VAUTOURS SUR DES ANIMAUX VIVANTS SE SONT PRODUITES HORS LA VUE DE TÉMOIN HUMAIN.

La première fut signalée à la Borie Blanque près de Millau il y a plusieurs années. Des vautours ont dévoré une belle, une magnifique brebis lait en pleine santé. J’ajouterai en pleine santé AVANT DE MOURIR, car personne ne peut dire si elle ne s’était pas goinfrée d’une bonne dose de luzerne ou d’une autre herbe aussi brutalement météorisante.

Fin 2009, deux éleveurs du Lévézou ont accusé les vautours d’avoir tués puis dégusté en plein champ des animaux d’élevage. Une vache et son veau nouveau né pour l’un, une brebis pour l’autre. Dans les 2 cas signalés dans le journal syndical, la Volonté Paysanne, PERSONNE  N’A ASSISTÉ AU MEURTRE !

Ni les éleveurs, ni les gendarmes, ni les vétérinaires convoqués sur place. « Mes vaches, prêtes à vêler étaient à quelques kilomètres de mon exploitation !!! » explique l’éleveur de bovins, « nous repartions pour un chantier d’ensilage » ajoute-t-il.

Il y a quelques jours, c’était à Navas, près de chez nous. Et là encore PERSONNE N’A VU LES VAUTOURS TUER ! « L’événement s’est produit à quelques dizaines de mètres de la ferme alors que lui et son frère étaient en train de travailler » raconte le journaliste du J. de Millau. Les agnelles étaient certes en bonne santé la dernière fois qu’elles ont été observées, mais en plein cagnard et dans l’herbe généreuse de ce printemps la matière azotée est abondante. Comme tous les anciens qui ont jadis gardé leur troupeau, le Grand Père aurait pu raconter tant d’histoires de brebis qui se sont écroulées sitôt entrées à la bergerie. C’est pourquoi tout  bon berger tenait dans sa poche un trocard ou un opinel capable de percer les panses avant que les gaz de digestion n’aient assez comprimé les poumons pour tuer l’animal imprudemment glouton.

Depuis trente trois ans nous élevons sur le Causse Noir Aveyronnais 150 chèvres laitières et 100 brebis viande et nous affirmons que ces récits sont dus à une absolue méconnaissance des moeurs des vautours et aux très impressionnantes sarabandes qui accompagnent la dégustation d’animaux toujours TOUJOURS MORTS. Chaque accusateur ou individu sceptique ayant accès à internet devrait visionner sur youtube la vidéo d’une attaque d’un vautour sur un homme vivant, allongé sur le sol. C’est parfaitement édifiant et très amusant. Tout ce qui bouge est dangereux ! (demander « attaques de vautour » à google et parcourir la page jusqu’à la vidéo de  youtube). Quant à la supposée attaque filmée par une restauratrice pyrénéenne elle montre seulement qu’il ne s’agit que de la curée habituelle sur un cadavre sans montrer l’affreux crime.

Comment imaginer qu’un vautour puisse tuer une vache et ses veaux lorsque notre petite fille, âgée de trois ans, s’amusait seule et sans danger à faire fuir devant elle une troupe de 20 à 50 vautours qui festoyaient goulûment autour d’un cadavre de chèvre ?

Comment expliquer la frayeur d’autres troupes semblables  s’enfuyant à tire d’ailes dès que notre petit berger des Pyrénées (4 kg tout mouillé) s’approche d’eux à moins de 50 mètres ?

Pourquoi ne pas interroger les scientifiques du domaine de l’INRA à La Fage où l’on travaille scientifiquement depuis des dizaines d’années sur un gros troupeau de brebis conduit en plein air intégral. L’ennemi principal déclaré de ce centre est : LE CHIEN ERRANT !

NON, NON, NON, LES VAUTOURS NE TUENT PAS !

De jour comme de nuit, nos chèvres sont libres de sortir de la chèvrerie entre les deux séances de traite journalière. Leurs déplacements sont contenus à l’intérieur de parcs électrifiés de dizaines d’hectares chacun.

Notre troupeau de brebis est enfermé à l’intérieur de parcs grillagés 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Tous nos animaux sont donc à la totale disposition des prédateurs à plumes et à poils. Nos troupeaux et nous, ne redoutons les méfaits que de quelques rares humains malveillants et de chiens errants.

Lorsqu’une bête meurt, nous la transportons sur la placette installée par la L.P.O. avec l’agrément de la D.S.V. Très rapidement, des vautours l’aperçoivent et, avec d’infinies précautions, s’approchent un à un du cadavre. Ils sont instinctivement si méfiants qu’ils semblent prêts à s’enfuir si un seul cil de l’animal mort venait à bouger. Dés que le premier coup de bec donné à la chèvre défunte a montré qu’il s’agit bien d’une charogne, la curée débute. Ces messieurs dames se chamaillent alors hardiment en piaillant copieusement tout en se distribuant d’amples coups d’ailes et de bec. Quelques plumes volent, mais nous n’avons jamais vu apparaître la moindre trace de blessure sur l’un de ces formidables nettoyeurs. Une heure ou deux suffisent à une troupe d’une vingtaine d’individus pour ne  laisser subsister que le squelette et quelques poils que les corbeaux viendront ensuite nettoyer plus soigneusement.

Un humain ou un chien, s’approchant d’un groupe de vautours à moins de 50 mètres, même très lentement, les font fuir. D’instinct, ces volatiles savent qui sont leurs pires ennemis. A l’inverse, il leur arrive souvent de s’offrir, au soleil, une petite séance de toilettage parmi le troupeau de chèvres tout autour de notre Lavogne au bord de laquelle ils ont préalablement pris un léger bain. Chèvres et brebis ne craignent pas les vautours qui leur rendent bien cette totale confiance. Il arrive parfois qu’une de nos chèvres mette bas dehors d’un ou deux chevreaux. Si nous n’avons pas été suffisamment attentifs, le ou les chevreaux sont retrouvés quelques heures plus tard, voire le lendemain, sans que les vautours ne se soient intéressés à leurs petites vies naissantes. Il leur faut des cadavres, des vrais !

Nos brebis mettent toujours bas dehors, y compris parfois dans la neige en hiver ce qui nous oblige alors à collecter les nouveaux arrivants. Récemment, une de nos brebis a mis bas d’un agneau au beau milieu d’un champ de six hectares. Une dizaine de vautours sont alors venus tournoyer autour de la mère et du petit avant de se poser à quelques mètres. L’agneau tombé au sol s’est sorti de la poche avant de vérifier si ses pattes pouvaient le porter. De la brebis pendait la délivrance. Dès que l’agneau est parvenu à trouver la mamelle pour déguster son premier colostrum, la mère l’a léché, la délivrance (placenta) est tombée, ravivant l’attention gourmande des spectateurs ailés. Puis la mère et l’enfant s’en sont allés lentement rejoindre le reste du troupeau. La dizaine de vautours attentifs s’est alors précipitée sur la poche sanguinolente en piaillant et se chamaillant. Une seule délivrance pour dix, c’est très peu donc très rapidement avalé. Sans plus tarder, ces messieurs dames ont alors décollé afin de poursuivre ailleurs leur excellente besogne de nettoyage de la nature en laissant les miettes à quelques corbeaux.

NOUS AVONS CONSTATÉ QU’AUCUNE MARQUE D’AGRESSION NE S’EST MANIFESTÉE DES VAUTOURS VERS LES DEUX ANIMAUX. DE LEUR COTÉ, BREBIS ET AGNEAU N’ONT EXPRIMÉ AUCUNE CRAINTE PAR RAPPORT A LA PETITE TROUPE NÉCROPHAGE ET ATTENTIVE (ils se connaissent et s’apprécient depuis des millions d’années).

Considérant que nos observations sont communes à celles de tous les éleveurs caussenards nous ne pouvions imaginer qu’un jour, nos chers vautours pourraient être accusés de meurtres avant d’être une fois de plus, condamnés à mort. Les vautours caussenards sont les mêmes que les espagnols ou les italiens. Nous affirmons qu’ils ne tuent jamais ! Ils ne peuvent ni ne veulent tuer ! Le manque de charognes les amène à mourir de faim comme au nord de l’Espagne lorsque l’Europe a fait fermer un grand charnier.

Il est vrai que leurs chamailleries autour d’un cadavre en cours de dégustation sont très impressionnantes, spectaculaires, mais sans danger.

Il est aussi vrai que certains éleveurs aimeraient les voir accusés afin de masquer leurs erreurs d’élevage et peut-être recevoir un dédommagement financier officiel. Il est encore vrai que certains « chatouilleux de la gâchette » auraient grand plaisir à descendre, d’une seule cartouche, ce majestueux planeur de trois mètres d’envergure. Ils pourraient même obtenir, dans le J.de Millau, une belle photo de famille montrant trois à quatre générations humaines tenant écartelée l’immense voilure de ce féroce animal, photo soulignée d’une homérique légende : « Au péril de sa vie, un courageux père de famille à tué in-extrémis un terrible vautour d’un poids de dix kilos et trois mètres d’envergure, qui fonçait sur ses enfants afin de les dévorer tout crus ».

Nous considérons que la campagne naissante accusant nos chers vautours est due principalement à des erreurs d’observation. Les vautours se chamaillent toujours bruyamment et semblent se battre méchamment autour d’une charogne. Chacun veut et réclame sa part avec acharnement, ce qui les fait supposer féroces et méchants.

Pour débarrasser la nature des cadavres d’animaux domestiques et sauvages, pour protéger les vivants des terribles épidémies moyenâgeuses, (grippe porcine, asiatique, aviaire, espagnole, fièvre de Malte, vache folle, tremblante, FCO, CAEV, etc, etc), il est nécessaire de favoriser l’existence des plus efficaces nettoyeurs naturels que sont les vautours. Ils ont besoin de charognes pour se nourrir.

– Un service d’équarrissage motorisé ne se déplace jamais immédiatement, les vautours si.

– Un service d’équarrissage organise des tournées de ramassage promenant ainsi des cadavres infectants sur les territoires. Les vautours avalent tout sur place, microbes, virus et chairs en décomposition !

– Un service d’équarrissage c’est 35 heures par semaine. Les vautours sont disponibles chaque jour toute l’année dès les premières lueurs du jour.

– Un service d’équarrissage est payant et subventionné. Les vautours non !

– Et depuis 2009, est exigée de chaque éleveur : une cotisation volontaire obligatoire !!!!!! (sic) pour financer les sociétés d’équarrissage privées ( progrès).

– La crémation des cadavres utilise beaucoup de notre pétrole chaque jour plus cher.

Toutes les zones d’élevage devraient posséder des placettes sur lesquelles déposer les charognes. Deux troupes successives de 20 vautours chacune sont capables d’avaler un boeuf mort en quelques heures dans la plus parfaite hygiène.

Et pour répondre à votre interrogatoire par un journaliste, nous vous demandons de ne pas oublier les multiples LOUPS GAROUS DE TOUS LES TEMPS. Aujourd’hui le Lynx dans l’est, le loup en PACA, l’ours en Pyrénées et maintenant le Vautour en Sud Aveyron.

IL EST AUJOURD’HUI URGENT D’INFORMER !

Des ornithologues patentés vivent en Sud Aveyron et ailleurs. Ils ont effectué de très précises observations sur les moeurs des Vautours. Il serait bon de leur faire parcourir le pays afin que par des conférences très documentées ils éclairent les nouveaux éleveurs sans berger. Tous les éleveurs sont aujourd’hui contraints d’accomplir plusieurs travaux en même temps pour gagner péniblement un SMIC en 60 heures par semaine et 365 jours par an. Comment voulez vous qu’ils surveillent étroitement leurs  troupeaux et acceptent facilement les pertes inéluctables ?

Charles Loye

(Les photographies appartiennent à l’auteur du texte).

Refuge de Rapaces de Montejo – Comptage d’Automne

Par , 27 novembre 2010 16 h 13 min

Les samedi 13 et dimanche 14 novembre, pas moins de 70 ornithologues de sept communautés autonomes espagnoles, avec quelques naturalistes étrangers, ont réalisé le 28 ème comptage collectif d’automne dans le Refuge de Rapaces de Montejo et ses environs (Gorges du Riaza et alentours, dans les provinces de Segovia et Burgos, près de Soria), coordonné par Juan Prieto Martín.

Comme les années précédentes, la réalisation et la révision détaillées des rapports de tous les participants prendra plusieurs mois avant de pouvoir achever le rapport final. Nous pouvons cependant avancer quelques données provisoires. (Les rapport finaux des années précédentes sont visibles sur www.naturalicante.com.)

Le dimanche matin, au moins 753-756 vautours fauves ont été comptés ; chiffre pratiquement identique à celui de 2008, et supérieur à celui de 2009, bien qu’il soit toujours en dessous du record de 1117 vautours atteint en 2004, juste avant la déclaration du parc naturel.

Cette timide récupération concorde bien avec les résultats des comptages de nids avec succès, réalisés durant les 36 ans du Refuge par Fidel José Fernández. Selon ce qu’il vient d’être publié dans la Circulaire n° 8 du Fondo, dans la « Hoja Informativa » et sur d’autres médias, en 2010, 152 jeunes de vautours fauves sont parvenus à l’envol, chiffre plus élevé que les 143 jeunes de 2009, bien que toujours en dessous du record de 226 jeunes envolés en 2001 (données de Fidel José). Il est possible de voir une information détaillée sur ces comptages dans la Hoja Informativa n°33 sur le Refuge, de 460 pages, disponible sur le site www.naturalicante.com comme dans son édition imprimée (www.tiendaverde.es).

Voir le texte entier de Fidel José Fernández (en espagnol) et l’article de www.naturalicante.com

Refuge de Rapaces de Montejo de la Vega - Peña La Graja - Photo : Françoise Delepoulle

Refuge de Rapaces de Montejo de la Vega - Photo : Françoise Delepoulle

Interview de Fidel José Fernández sur Cadena Ser (en espagnol) :

Interview de Fidel José Fernández sur Radio Segovia (en espagnol) :

Interview de Fidel José Fernández sur Gestiona Radio, dans l’émission Futuro Verde (en espagnol) :

NON, LES VAUTOURS NE SONT PAS DES PRÉDATEURS ! ou « chronique d’une erreur judiciaire programmée de longtemps »

Par , 26 octobre 2010 22 h 15 min

de Guy Joncour, Docteur Vétérinaire de campagne.

L’Europe méridionale abritait quatre espèces de vautours tout autour de la Méditerranée: le vautour fauve, le vautour moine, le vautour percnoptère et le gypaète barbu. De ces importantes populations, il ne subsiste que des reliques. La France et surtout l’Espagne jouent un rôle capital dans la conservation de ces oiseaux, persécutés jusqu’à l’anéantissement dans de nombreux pays, de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XXe.

En France où ces grands oiseaux ont failli disparaître, des actions de conservation pionnières ont permis tout d’abord de sauver les derniers survivants dans les années 70 – 80, puis de renforcer et de réintroduire les espèces disparues, gypaète barbu dans les Alpes, vautour fauve et vautour moine dans les Causses et le sud des Alpes. Ces projets pilotes initiés en France ont servi de modèles dans d’autres pays européens. Les protecteurs de la nature français peuvent s’enorgueillir d’être à la pointe du savoir-faire pour ces techniques de biologie de la conservation, dans certains cas avec le soutien actif des chasseurs.

Les vautours sont parmi les plus grands oiseaux approchant 3 mètres d’envergure. Ce sont des ailes volantes, explorant en planant, sans dépenser d’énergie, d’immenses surfaces à la recherche visuelle des cadavres de mammifères sauvages ou domestiques dont ils se nourrissent. Contrairement à une idée reçue, l’odorat ne joue aucun rôle dans cette prospection. C’est en observant le comportement d’autres oiseaux opportunistes, corvidés et milans, qu’ils découvrent un animal mort. Tel un réseau d’observateurs invisibles dans le ciel, s’observant mutuellement, ils accourent de toute part dès qu’un festin est signalé. 20 ou 30 vautours fauves font disparaître les chairs putréfiées d’une brebis ou d’un cervidé en moins d’une heure. Là où les quatre espèces de vautours sont présentes, les restes coriaces et les os sont éliminés. La place reste nette, sans plus de ressources pour les mouches (myiases cutanées) et TOUTES les bactéries, celle du charbon y compris. Le tube digestif des vautours élimine les germes et on peut dire qu’ils sont un « cul-de-sac épidémiologique ». Leur rôle est donc d’éliminer dans la nature les gros animaux morts, évitant ainsi la prolifération de germes pathogènes.

En Europe, depuis des siècles, les vautours sont des commensaux du pastoralisme, suivant les troupeaux transhumants et éliminant les cadavres. « Ubi pecora, ibi vultures », selon le vieil adage. Aucune raison que leur comportement « durable » ne change … !  Ce service rendu aux éleveurs était tellement reconnu qu’en Espagne existait près de chaque village un endroit baptisé « muladar » où l’on déposait les cadavres des animaux de trait et du bétail.

A la fin du XXe siècle et jusqu’à nos jours, plusieurs changements économiques majeurs sont venus perturber cet équilibre éleveur-vautours. D’abord la mécanisation de l’agriculture, les tracteurs contrairement aux animaux de trait n’étant pas recyclables par les vautours; puis la quasi disparition des grandes transhumances à pied ; enfin le remplacement de l’élevage extensif par un élevage industriel concentrationnaire, produisant des tonnes de déchets animaux transformés ensuite en farines ; couronnant le tout, la crise de l’ESB (les vaches, elles, ne sont pas folles) avec l’avènement d’une obligation stricte d’équarrissage industriel. C’est particulièrement en Espagne que cette révolution dans les pratiques d’élevage a provoqué d’abord une augmentation importante des populations de vautours fauves (20 000 couples) venant se nourrir aux portes des porcheries industrielles. Et dès les années 2003-2004, l’équarrissage généralisé, à la demande expresse de vétérinaires fonctionnaires zélés et « précautionneux » de l’Union Européenne (DG San-Co) privait les vautours de ressources et créait une famine totale dans ces grandes colonies de vautours du versant sud des Pyrénées situées en Aragon et en Navarre. On a pu voir alors au piémont des Pyrénées françaises des réunions de vautours affamés s’approchant des fermes pour se repaître d’animaux morts, ce qui était devenu totalement inhabituel.

On peut comprendre que des éleveurs se soient inquiétés, surtout en présence de vautours dévorant un veau mort né ou la mère en difficulté de vêlage. Très vite, la rumeur colportée par les médias a fait état d’attaques délibérées sur des animaux sains, affirmant que les vautours avaient changé de comportement et étaient devenus des prédateurs ! Aucune expertise sérieuse n’est venu confirmer cette attestation gratuite. Dans le pire des cas, des vautours affamés ont aggravé des situations où un animal en difficulté et sans assistance possible était déjà condamné. Aussitôt, à partir de quelques cas isolés, la polémique a fait du vautour fauve le bouc-émissaire à la fois des difficultés de l’élevage et des frustrations des opposants d’une politique de conservation de la biodiversité incluant pêle-mêle, l’ours, le loup, l’arrêt de la chasse du coq grand tétras et le Parc National des Pyrénées.

Vengeances , Rancœurs ? Lobbies ? Toujours est-il, des faux témoignages grossiers diffusés sur la toile continuent d’alimenter et d’aggraver cette polémique stérile. Certains ont pu donc dire que « les attaques de vautours sont de l’ours mal digéré » … Lors de son discours récent à Toulouse le 26 juillet dernier, Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat en charge de l’Ecologie, a demandé aux Services de l’Etat et au Groupe Technique Vétérinaire des Pyrénées-Atlantiques : « non seulement de suivre ces oiseaux, mais aussi d’expérimenter l’indemnisation des dégâts et des tirs d’effarouchement ». On sait ce que ceci signifie… Normal ! Le « vautour est le quatrième prédateur » de la Liste du Le livre blanc de la FNC sur les grands prédateurs, déjà édité en … 2008, dans le cadre de la Mission Grands Prédateurs de la FNC dont le Président est B. Place , Président de la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC 64) et les membres, Présidents J.M. Delcasso, un confrère « mixte » (FDC 65), A. Gollin (FDC 26), B. Baudin (FDC 06), C. Lagalice (FDC 39), A. Esclope (FDC 66).

En réalité , dans les Pyrénées françaises où l’élevage est important , la petite population de vautours fauves (525 couples en 2007) est bien intégrée au pastoralisme. Tout le monde peut y observer des dizaines de vautours survolant les alpages où abondent brebis (621 000), vaches (157 000), chevaux (12 000), chèvres (14 000) pour 5 300 exploitations pastorales (1) sans aucun problème. Les vautours éliminent sans frais pour l’éleveur et la collectivité des milliers de cadavres, économisant ainsi une énorme quantité de CO2 généré par l’équarrissage(transport, incinération) d’ailleurs souvent impraticable dans des montagnes peu accessibles. Ces oiseaux, véritables alliés sanitaires, sont donc parfaitement intégrés dans une politique de développement durable.

En annonçant à Toulouse le 26 juillet 2010 des mesures discréditant l’utilité des vautours fauves, la Secrétaire d’Etat à l’écologie, Madame Chantal JOUANNO se situe à l’opposé d’une politique de gestion intelligente de la faune sauvage. Mais sans doute voulait-elle faire plaisir à une frange d’électeurs, éleveurs-chasseurs de subvention, et adversaires déclarés de toute forme d’acceptation de la nature  « sauvage ».

(1) chiffres pour l’année 2004, Courrier de l’environnement, INRA, N° 57, 07/2009

Guy Joncour, Docteur Vétérinaire de campagne – « UBI PECORA, IBI VULTURES »

Vautours, Loups, Lynx et Ours, bouc-émissaires confortables et intoxications « aiguës » potentielles au plomb …

Par , 26 octobre 2010 19 h 56 min

de Guy Joncour, Docteur Vétérinaire de campagne.

Lors d’un discours récent dans le Sud-Est, vendredi 27 Août, à Noyers/ Jabron, Le président SARKOZY a décidé que le Loup menaçait la Ruralité et va prendre des mesures afin de permettre de faire passer le « permis de chasse accéléré en deux jours » aux bergers, permettant ainsi la légitime-défense ( ?) vis-à-vis du loup.

Un louvetier du Vercors, mandaté par une éleveuse « poussé à bout par des attaques incessantes de loup sur son troupeau de moutons », en affût nocturne a abattu le … chien de troupeau, patou, en mission de défense du troupeau …

Un autre, le 13 Juillet, aurait « confondu une ânesse de 9 ans » avec un sanglier.

Lors de son discours récent à Toulouse le 26 juillet dernier, Chantal Jouanno, la Secrétaire d’Etat en charge de l’Ecologie, a demandé aux Services de l’Etat et au Groupe Technique Vétérinaire des Pyrénées-Atlantiques : « non seulement de suivre ces oiseaux, mais aussi d’expérimenter l’indemnisation des dégâts et des tirs d’effarouchement ».

Normal , le « vautour est le quatrième prédateur » de la Liste du Le livre blanc de la FNC sur les grands prédateurs, déjà édité en … 2008, dans le cadre de la Mission Grands Prédateurs de la FNC dont le Président est B. PLACE , Président de la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC 64) et les membres, Présidents J.M. DELCASSO (FDC 65), A. GOLLIN (FDC 26), B. BAUDIN (FDC 06), C. LAGALICE (FDC 39), A. ESCLOPE (FDC 66).

Lors d’une entrevue, Thierry Coste, Secrétaire Général du Comité Guillaume Tell et lobbyiste de la FNC, des Coopératives agricoles, du …

Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral (SNVEL)

a répondu à une question : Un lobby comme la NRA (la National Rifle Association qui défend les armes à feu aux Etats-Unis) n’est-il pas immoral ? Réponse de T. COSTE : Je défends un Comité qui est la « NRA » à la française, mais nous ne revendiquons absolument pas la liberté du port d’armes. cf. Sarah PALIN.

LE VAUTOUR APPARAÎT COMME UN PROBLÈME DE LOUP, DE GRAND TÉTRAS ET D’OURS, « MAL LECHÉ ».

Guy Joncour, Docteur Vétérinaire de campagne. – « UBI PECORA, IBI VULTURES »

Vautour percnoptère dans les ordures

Par , 20 octobre 2010 22 h 42 min

Un vautour percnoptère cherchant de la nourriture dans une décharge en Catalogne espagnole – août 2010.

vidéo : Émilie Delepoulle.

Panorama Theme by Themocracy